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Jacques Simon TIMOTEI

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IL ETAIT UNE FOIS EN CASTAGNICCIA

UN TERRITOIRE, UN ROYAUME

 

( Cliquer sur les photos pour les agrandir )

 

La Castagniccia est une région montagneuse constituée de roches volcaniques. Cette "Corse Alpine", est limitée par deux rivières: le Golu  au nord, le Tavignanu au Sud.

Recouverte de châtaigniers, la Castagniccia est dominée par le San Petrone qui culmine à une altitude de 1768 mètres. Elle s'étend sur une superficie de 14.782 hectares et compte 38 communes dispersées en un nombre surprenant de villages et hameaux construits entre 200 et 800 mètres d'altitude.

Certains villages, comme Morosaglia, Alando ou Orezza, ont illustré une partie de la véritable histoire de la Corse. Tempi fà (an 1077), les Toscans réorganisent l'île de Corse en 66 circonscriptions religieuses et administratives ou  "Pievi".

 

Chaque pieve, dirigée par un prêtre et un "Giudice" (parfois le prêtre exerce aussi cette fonction), est composée d'un village et de un à plusieurs hameaux.

Dans "l'en deçà des monts" ou "terra di comune", les 3 "Pievi" d'Orezza, d'Ampugnani et d'Alisgiani constituent la micro région de la Castagniccia ou "petite Castagniccia". Ces anciennes "pievi" sont aujourd'hui les trois cantons de France qui possèdent le plus grand nombre de communes et...  le plus grand nombre de Maires !. 

Après avoir été complètement dépeuplée au Vème siècle par les invasions barbares (notamment Vandales et Sarazins), les Génois, Pisans et Toscans repeuplent la Corse vers  la fin du X ème siècle. L'île est divisée en 6 évêchés: Mariana, Aleria, Nebbiu, Aiacciu, Savona, Accia. La langue Corse est "Toscanisée", les noms des lieux adoptent une toponymie Toscane.

 

 

Ce sont les Génois qui encouragent et favorisent la culture de la châtaigne à la fin du Moyen Âge. En effet, par une ordonnance du 28 août 1548, le gouverneur génois de Bastia ordonne aux habitants de Corse âgés de plus de 20 ans de greffer ou de planter chaque année cinq arbres fruitiers (mûriers, oliviers, figuiers, châtaigniers et vignes) sous peine d'amende et de châtiment corporel pour chaque manquement. Les raisons de ce choix sont claires: obtenir des produits exportables dont Gênes a besoin. En définitive, tout le monde y trouvera son compte.

En 1607, les propriétaires d'oliviers sauvages sont obligés de les greffer dans un délai de deux ans sous peine d'amende. Des encouragements sont même prodigués sous forme de prêts pour la plantation des cinq espèces désignées.

Très vite, dans une région schisteuse le châtaignier trouve son terrain de prédilection et devient l'arbre à pain des paysans qui en font une des régions les plus riches de Corse, la plus peuplée aussi.

 

 

Population du canton

de VALLE D'ALESANI

en 1850

   
Valle d'Alesani 673
Felce 441
Novale 374
Ortale 340
Perelli 463
Piazzali 119
Pietricaggio 401
Piobetta 290
Tarrano 329

C'est vers la fin du XVIII ème siècle qu'on assiste à une véritable explosion démographique qui malheureusement s'avère très inégale puisqu'elle ne touche que les villes. La population des villages de l'intérieur de l'île stagne puis commence à régresser. Commence alors un lent mais inexorable exode de la vie agricole au profit d'un progrès économique qui attire les populations rurales vers les villes ou le Continent.

 

La Castagniccia dont la population  avoisinait les 50.000 habitants avant 1914, compte à présent avec tristesse, à l'ombre de ses ruines, le nombre de volets clos sur les façades de ses maisons de pierre aux toits d'ardoise grise.

 

Aujourd'hui la Castagniccia, à la fois étonnante et bouleversante, berceau de l'histoire de la Corse au XVIIIe siècle, terre de légende hantée par le souvenir de ces personnages qui ont marqué l'histoire, est un "désert vert" dont nous acceptons mal le redoutable déclin.

 

Ces lieux qui furent le théâtre de grands évènements - comme au col Saint-Antoine, non loin du village de La Porta, le couvent où Pascal Paoli fut nommé « général de la nation » - ne sont plus que ruine et désolation.

L'ensemble des communes, regroupées en SIVOM  ont adhéré au parc régional naturel de Corse en 1990.

La création de gîtes ruraux, l'ouverture des sentiers de randonnée, la reprise de l'exploitation des eaux d'Orezza ont ralenti l'exode mais ne l'ont pas empêché.

Cependant, quelques irréductibles villages résistent encore...

 

 

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Dernière mise à jour pour cette page : 09 janvier 2017