COPYRIGHT : Juillet 2006

Jacques Simon TIMOTEI

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UN COIN DE POESIES

POESIES CORSES

 

 

Quand j'étais enfant, à Ortia, au dessus de l'épicerie du village, il y avait un bar.

C'était plutôt un "lieu de vie" où se retrouvaient régulièrement les habitants de la commune.

On y parlait des vendanges à la plaine, de la prochaine récolte de châtaignes, de la "tombera", de toutes ces choses qui créent l'évènement et qui font la vie du village.

Devant d'interminables parties de scopa au milieu des volutes de fumée, le temps suspendait son vol.

Quand le ton montait, quand les esprits s'enflammaient, je devinais que le sujet de la politique venait d'être abordé.

Chacun s'évertuait à compter avec un esprit de logique implacable, qui allait voter pour qui aux prochaines élections et quand le nombre de voix pour chacun des clans était enfin fixé, une chanson satirique était improvisée:

 

"In casa di u sgiò Guelfucci,

So biscotti e bicchierini ;

In casa di u sgiò Mignucci

So cacati sumerini."

 

Mais il y avait aussi, quandu i cori erannu allegri, ces moments de poésie dont seule "l'anima Corsa" a le secret. Je veux parler de ce chant à capella, sorte de joute verbale poétique que l'on nomme "CHJAMA E RISPONDI".

La main collée à l'oreille, pour vérifier le timbre de la voix (comme pour la "paghjella"), les hommes debout au comptoir, devant un verre de pastis, chantaient tour à tour d'une voix puissante, les paroles d'une "histoire" totalement improvisée.

Mon oncle me lançait toujours à la fin : " Qui nè pensi o zitellò ?! "

   

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Dernière mise à jour pour cette page : 09 janvier 2017