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Vous pouvez écouter sur cette page un extrait de "I nostri vechji" interprété par Antoine Ciosi

 

 

 

IL ETAIT UNE FOIS EN CASTAGNICCIA

I NOSTRI PAISANI

Les gens du village

 

Comme toute l'île, la Castagniccia a profondément souffert de la diaspora qui s'est accélérée à partir du second Empire vers la France continentale et ensuite sous la IIIème République, vers les colonies.

La grande guerre puis ensuite la seconde guerre mondiale ont aussi lourdement contribué à l'affaiblissement démographique des régions de l'intérieur.

La mobilisation d’août 1914 a vidé le département de ses hommes valides : vingt-sept classes d'âge sont mobilisées au cours du premier mois du conflit.

Sur une population totale de 290 000 individus, ce sont plus de 40000 Corses qui rejoignent ainsi, dans les semaines suivantes, la ligne de front. Cette absence massive et subite marque non seulement les esprits mais se répercute également sur une économie locale principalement agricole et presque totalement dépendante des importations. Dès les premiers jours presque tous les travailleurs agricoles et les terres se trouvent complètement abandonnées.

Au cours de la période de 1914 à 1918, l'absence de tous ces bras valides, sera faiblement compensé par l'envoi en Corse de près de 2000 prisonniers et internés civils de guerre (Allemands, Turcs, Bosniaques, Austro-Hongrois) que la population va se disputer mais qui ne sauront évidémment pas combler l’absence de plusieurs dizaines de milliers de paysans corses dont un grand nombre ne reviendront jamais.

Dans chaque village, un cénotaphe érigé sur la place principale ou devant la mairie, une plaque apposée sur la façade de l'église, sont autant de témoignages poignants qui rappellent sur de longue liste les noms des soldats tombés au cours des combats.

 

 

Bustanico

Felce

Ortia

Rapaggio

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La Corse et les deux guerres mondiales :  "La guerre de 1914-1918 affecte la Corse en profondeur...  lire la suite.

 

 

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Dans des villages aujourd'hui dépeuplés, les" anciens" se souviennent et racontent :

Avant la guerre, la commune était prospère et les familles nombreuses. Le travail était dur mais la main d'oeuvre ne manquait pas pour travailler la terre.

Et puis la guerre est venue...

 

En septembre 1943, la Corse est le 1er département Français à être libéré.

Un mois après, la mobilisation générale est décrétée et tous les Corses en âge de se battre, sont appelés sans exception laissant les terres en friche et les villages presque vides.

 

Ils étaient nombreux en cette année de 1940 à se réunir au col d'Arcarotta. Dans une ambiance presque feutrée, les visages à peine éclairés par la faible lueur d'une lampe à pétrole qui respectait les contraintes du couvre-feu, les hommes écoutaient tendus, les dernières informations que crachotait le seul poste TSF du canton. Soudain les visages s'éclairaient lorsqu'une voix qui semblait venir de très loin, se faisait entendre : "Ici Londres, les Français parlent aux Français".

Nucenziu a entendu l'appel du 18 juin et l'a répercuté à tous les habitants du canton : "Un generale a chjamatù da Londra e a dettù di cuntinuà a lottà", a dettu dinù : " Des forces immenses n'ont pas encore donné!"...

I nostri paisani étaient et resteront pour toujours A Nostra memoria.

Ceux qui nous ont quitté avaient dans le coeur la fierté de leurs racines, ceux qui restent ont au fond de leur regard la tristesse d'une époque révolue, di un mondu ch'à cambiatu.

 

 

 

 

 

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Dernière mise à jour pour cette page : 31 octobre 2021